Congrès de l’Amcsti 2016 – Parcours 2 – Partage des Savoirs

Science en partage 2.0
open street map congres
Carte interactive du 34ème Congrès de l'Amcsti © les contributeurs d’OpenStreetMap

Sur Internet, plusieurs espaces sont créés pour construire des puits de savoirs en collaboration. Leurs objectifs sont de les partager au plus grand nombre. Petit tour d’horizon de ces actions de sciences participatives.

 

C’est bien connu, nous pouvons quasiment tout trouver sur Wikipédia… y compris un article consacré à l’Amcsti. Malheureusement, il essuie quelques critiques. « Cet article ou cette section ne s’appuie pas, ou pas assez, sur des sources secondaires ou tertiaires », « Le ton de cet article ou de cette section est trop promotionnel ou publicitaire ».

Les wikipédiens n’ont pas été tendre avec cet article… Mais tel est le fonctionnement de cette encyclopédie en ligne, multilingue et collaborative, qui a pour projet d’être la plus exhaustive possible depuis 2001. Chacun peut contribuer à la rédaction d’un article, à sa modification, à un ajout d’information, mais peut aussi émettre des réserves quant à la véracité d’une information, souligner le manque de sources, ou encore de neutralité.

Si son développement peut fonctionner sur une forme collaborative, c’est grâce à son système de licence libre. Les porteurs du projet cèdent certains droits d’auteurs à l’ensemble des internautes pour qu’ils puissent ajouter du contenu, le modifier et le partager.

Un autre projet collaboratif fonctionne sur le système de licence libre : OpenStreetMap. A partir d’un fond de carte représentant l’ensemble de l’espace terrestre, un internaute peut librement intégrer et géolocaliser des éléments géographiques (champs, routes, parc…) et typographiques (noms de rue, parc, villes, fleuves…).

Ces contributions sont permises grâce à la mise à disposition d’outils, eux-mêmes élaborés par des contributeurs. Au-delà de la modification directe de cette carte du monde, on peut également utiliser ces données comme fond pour réaliser des cartes plus “thématiques”, comme par exemple renseigner des lieux qui seront appropriés par les participants du Congrès de l’Amcsti…

Plusieurs concepts renvoient à cette possibilité pour chacun d’intervenir librement dans le développement de ces projets, de manière plus ou moins importante.

En combinant les compétences d’un ensemble d’internautes pour construire des projets de grande envergure à partir de petites briques d’informations éparses, Wikipédia et Open Street Map font appel à la « sagesse des foules » (James Surowiecki). Les licences libres se rapprochent également d’une pratique émergente : l’innovation ouverte.

Les internautes participent au développement du projet mais aussi à l’amélioration des conditions de contributions au sein de ce projet. Les prises de décisions peuvent être émises avec l’avis de l’ensemble de la communauté impliquée, et non par un groupe réduit contrôlant les actions possibles et les règles à suivre. Ces projets construits sur le réseau Internet rassemblent les conditions de la mise en place d’une « intelligence collective ».

 

L’intelligence collective est « le projet d’une intelligence variée, partout distribuée ;
sans cesse valorisée, coordonnée et mise en synergie en temps réel ;
et qui aboutit à une mobilisation effective des connaissances » Pierre Lévy

 

Le partage des savoirs ne se limite pas à des projets fonctionnant sur la base d’une licence libre. Dans un autre domaine, le site hypothèses.org s’apparente plutôt à un portail communautaire consacré aux sciences humaines et sociales, qui propose un espace accessible à tous.

Sur ce site, ce sont les chercheurs qui ont la parole et les non-scientifiques n’ont pas la possibilité d’intervenir dans la création de contenus. Ils y racontent leurs aventures par le biais de “carnets de recherches” : sujet de thèse, résultats de leurs enquêtes, partage de leurs interventions lors de colloques et conférences…

L’ensemble de ces informations sont disponibles pour tous en libre-service. C’est l’occasion pour les chercheurs d’être acteur du web, d’investir cet espace. L’objectif n’est pas de vulgariser les travaux de ces chercheurs (une action très peu reconnue, voire mal vue dans ce milieu), mais de les valoriser en les rendant plus visibles et accessibles sur la « toile », aussi bien pour les chercheurs que les amateurs de sciences humaines et sociales.

Ces initiatives s’inscrivent dans les volontés de créer une science accessible, participative, de co- construction, favorisée sur Internet par le Web 2.0.

Lors du Congrès de l’Amcsti, un des trois parcours proposés le jeudi 8 juillet sera consacré à ce partage des savoirs. Plusieurs ateliers seront organisés pour appréhender les outils numériques qui permettent à cette science de se mettre en partage et en accès. Comment utiliser un wiki ? Ajouter des informations sur un fond de carte ? Créer un WordPress ?

Le parcours s’installera au Museum de Nantes et à la Plateforme C, fablab tenu par l’association nantaise PiNG, dont le projet est de faire découvrir les nouvelles technologies et de les pratiquer, mais aussi de partager et d’échanger autour du numérique.