Diversifier l’accessibilité de l’institution

Accessibilité dans la CSTI
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Depuis plusieurs années, le Musée d’art et d’histoire de Genève développe et entretient plusieurs projets en lien étroit avec les personnes en situation de handicap.

 

Ces actions tendent à accroître l’accessibilité de l’institution, aussi bien en ce qui concerne le bâtiment, les collections qu’il abrite, que les contenus culturels que tous deux véhiculent.

Le développement et la mise en place de ces projets supposent des prérogatives aujourd’hui complètement intégrées : l’intérêt ou le besoin manifestés par les personnes concernées, leur implication dans la gestion de toutes les étapes du projet, l’étroite collaboration avec les professionnels des handicaps et, enfin, l’intention d’offrir des propositions spécifiques enrichissantes pour tous, personnes souffrant d’un déficit sensoriel ou pas.

L’intention est aussi de permettre des rencontres entre personnes, de sensibiliser les uns aux difficultés des autres. Dans ce contexte, projet « Danser pour ressentir les attitudes des statues antiques », réalisé récemment, mérite ici quelques commentaires.

En 2014, l’exposition Corps et esprits – Regards croisés sur la Méditerranée montrait, entre autres pièces magnifiques, un choix de chefs-d’œuvre de la sculpture antique. Tout archéologue classique ou historien d’art s’est trouvé un jour (et même souvent) face à la difficulté de décrire précisément, par les mots, l’attitude de corps sculptés aux attitudes parfois fort complexe. Et faire adopter par son propre corps la posture recherchée, n’est-ce pas la manière la plus pertinente et la plus directe de saisir complètement toute position, si compliquée soit-elle ?

C’est sur cette proposition que le projet s’est monté, en collaboration avec le Conservatoire populaire de Genève et un groupe de personnes souffrant d’un déficit visuel.

Lucy Nightingale, enseignante au Conservatoire, a ainsi imaginé une performance participative qui ne sollicitait pas la vue : aveugles, malvoyants et voyants aux yeux fermés se mêlaient dans une proposition où les attitudes des sculptures de l’exposition étaient « corporellement » reproduites ou, du moins, évoquées par tous. Schématisme, naturalisme, hiératisme – termes si chers aux spécialistes – étaient ainsi incarnés par les danseurs, de même que les attitudes figées et les diverses énergies contenues par le marbre à travers les siècles. Une performance à vivre plutôt qu’à voir !

D’autres projets construits avec les personnes en situation de handicap sont en cours. Rendez-vous par exemple, lors de la prochaine Nuit des musées, le 17 mai 2015, pour un « Café des signes » à la Maison Tavel, où, en l’occurrence, nous collaborons avec des visiteurs sourds et malentendants.