Écoconception des expositions scientifiques

[Re]connaissance
© Arnaud Robin - Exposition "Ma Terre Première", Cité des Sciences et de l'Industrie, Paris, octobre 2009.
© Arnaud Robin - Exposition "Ma Terre Première", Cité des Sciences et de l'Industrie, Paris, octobre 2009.

Aujourd’hui, à tous les niveaux, individuels, professionnels, industriels et sociétaux, nous devons pratiquer différemment et réduire l’impact environnemental de nos activités à chacune des étapes du cycle de vie.

L’écoconception consiste à adopter une approche globale et conceptuelle qui intègre toutes les composantes d’un projet. Chaque étape du processus présente un potentiel d’optimisation quant au choix des médias, documents, scénographie, graphisme, procédés de fabrication et fin de vie.

Pour aider la mise en œuvre de cette démarche, Universcience a publié en 2009 un Guide d’éco-conception des expositions destiné aux chefs de projets et prestataires associés. Ce guide propose des cibles d’écoconception permettant de se fixer des objectifs en matière de méthode de travail.

Ma terre première pour construire demain, exposition itinérante présentée à la Cité des sciences en 2009 (photo ci-dessus), a été la première application concrète du guide. Pour optimiser le transport, la plupart des éléments ont été conçus empilables ou pliables ; la fin de vie de l’exposition a été intégrée dès la conception en anticipant le tri sélectif ; le bois provient de forêts gérées durablement ; le revêtement de sol est en caoutchouc recyclé et des peintures d’argile non polluantes ont été privilégiées.

Cette expérience a montré que l’écoconception n’avait compromis en rien la créativité, la qualité esthétique et les objectifs de médiation culturelle, ceci sans surcoût financier.

Les éléments des expositions scientifiques interactives sont, par définition, des prototypes. Si nous souhaitons conserver une amplitude de créativité et d’interactivité, la récupération d’éléments standards d’une exposition à l’autre ne peut concerner qu’une partie des expositions. C’est pourquoi la question de la fin de vie de telles expositions est un point important à résoudre. Depuis 2012, Universcience s’est engagé dans une démarche zéro déchets en plusieurs étapes : réutilisation en interne des éléments muséographiques, réutilisation en externe via un réseau de professionnels et enfin recyclage pour ce qui reste. Depuis, un Atelier de gestion responsable des fins de vie d’événements et d’expositions (AGREE), co-animé avec le musée du Quai Branly, a abouti à un article de loi qui autorise le don des établissements publics vers des organismes culturels. Forts de cette réussite, le ministère de la Culture envisage un guide accompagnant les centres culturels qui souhaiteraient s’inscrire dans une telle démarche.

Retenons que l’écoconception n’est pas une recette, il n’existe pas de méthode universelle. C’est une attitude réflexive et de « conscientisation » des impacts de nos actes. Dans la réalisation, elle se traduit par le maniement de l’art du compromis entre les contraintes techniques et fonctionnelles, les aspirations environnementales et sociales ; mais aussi entre divers impacts environnementaux. C’est un cheminement plus qu’un état de fait.

Le second point est que l’on peut toujours intervenir. On peut améliorer la solution — par exemple réduire la matière utilisée en imprimant directement sur un mobilier. On peut changer la solution — par exemple utiliser un autre matériau. On peut enfin revoir le concept de l’outil de médiation. Plus l’écoconception est prise en compte en amont, plus le niveau d’intervention peut être ambitieux.

En 2020, nous ouvrirons une exposition dont l’ensemble du cycle de vie aura suivi le processus d’écoconception. Cette nouvelle expérimentation nous permettra d’établir un bilan carbone, étalon nécessaire pour poursuivre la démarche.