EduCosmos : sciences participatives à l’Observatoire de la Côte d’Azur

Quelles médiations pour l'espace ?
© OCA
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L’Observatoire de la Côte d’Azur (OCA) est un centre de recherche en sciences de la planète et de l’Univers. Il comporte 4 sites, dont le site historique et patrimonial de Nice construit par des personnalités qui ont marqué leur époque, Charles Garnier et Gustave Eiffel. Mais depuis sa création en 1881, l’OCA a évolué pour devenir aujourd’hui un centre à la pointe de la recherche. Il est doté également d’un site instrumental situé, à 1 280 m d’altitude, sur le plateau de Calern à Caussols, qui regroupe des télescopes et des appareils modernes et performants.

Un des enjeux de la diffusion des connaissances de l’OCA est de montrer au public que l’Observatoire n’est pas resté ancré dans le passé, mais que ses projets de recherche en font une référence dans de nombreux sujets scientifiques actuels : les ondes gravitationnelles, l’étude du système solaire, les missions spatiales, l’instrumentation, l’interférométrie optique, la sismologie, la métrologie, etc.
Bien que les sites de Nice et de Calern accueillent près de 8 000 visiteurs par an (scolaires et grand public), avec un discours valorisant le patrimoine historique exceptionnel et la recherche scientifique de pointe, il est aussi important de faire un effort pour amener la recherche hors des murs de l’OCA, en particulier vers les enfants dans leur salle de classe.

Le projet EduCosmos est né en 2012. Il a pour objectif principal de rapprocher les élèves de la science, de façon à ce qu’ils deviennent, pour un instant, acteurs de la recherche et qu’ils aient l’opportunité de travailler aux côtés des scientifiques. Le but d’EduCosmos est que les élèves utilisent un des télescopes de l’OCA, le télescope C2PU, situé sur le plateau de Calern, pour faire des observations dans le cadre d’un vrai projet scientifique piloté par une équipe de l’Observatoire. Les élèves observent à distance, depuis leur salle de classe, en suivant un protocole détaillé qui leur permet d’obtenir les données nécessaires pour que les scientifiques continuent leur projet de recherche.

Néanmoins, accomplir une telle mission n’est pas chose facile ! Il s’agit de bien préparer les élèves en amont pour les mener au niveau nécessaire et qu’ils comprennent bien ce qu’ils vont observer. Pour ce faire, l’équipe pédagogique de l’OCA forme d’abord les enseignants, qui doivent s’investir de façon importante pour être capables de gérer les questions des élèves et une partie de la préparation du projet. De plus, nous travaillons en classe entière pour donner une chance à tous les élèves et pas simplement aux meilleurs ou aux plus intéressés. Le nombre d’élèves, qui peut atteindre 35 dans certaines classes de lycée, n’est pas toujours facile à canaliser. Et pour finir, les aléas de la météo rajoutent, comme dans tous les projets d’astronomie, une contrainte supplémentaire pour la soirée d’observation.

Il a fallu faire tomber également le scepticisme de certains collègues chercheurs, face à un programme avec des ambitions qui supposent qu’un élève lambda de collège ou de lycée soit capable de piloter un télescope qui, même de taille modeste (un mètre de diamètre), demeure un instrument professionnel. Et plus encore, que les élèves soient capables d’obtenir des données valables pour la recherche.

© OCA - Centre Pédagogique Planète et Univers (C2PU)
© OCA – Centre Pédagogique Planète et Univers (C2PU)

Le succès d’EduCosmos dépend donc du grand investissement des enseignants et de l’équipe de l’OCA. Nous proposons un accompagnement continu, avec des interventions dans la classe, des visites sur les sites de Nice et de Calern, et un suivi des élèves dans le traitement de données qu’ils ont obtenues. Pendant la séance d’observation, une équipe de l’OCA se déplace dans la classe pour aider à la mise en place des connexions et s’assurer du bon déroulement de celle-ci. Le temps minimum de contact entre chaque classe et le personnel OCA est de 15h. Par conséquent, seulement une dizaine de classes peuvent être gérées selon ces modalités de fonctionnement. Dans un futur proche, il sera laissé plus d’autonomie aux enseignants qui ont déjà participé au projet, de façon à pouvoir centrer nos efforts sur de nouvelles classes.

Les retours sont quant à eux très positifs : des élèves habituellement en retrait prennent le projet en main et deviennent le moteur de la classe pour les observations ; des parents d’élèves en zones défavorisées nous remercient d’être avec leurs enfants pendant des heures nocturnes ; EduCosmos devient même le meilleur souvenir du lycée pour certains élèves… Autant de témoignages qui prouvent que ce programme de sciences participatives fonctionne !