Interview croisée – Bernard Alaux & Raphaël Dupin

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Co-fondateur et directeur pendant plus de vingt ans d’un CCSTI majeur, Bernard Alaux a transmis la direction de Cap Sciences à Raphaël Dupin.

Un passage de relais n’est jamais simple… Pour vous c’était comment ?

Bernard Alaux : Il s’est passé sans aucune appréhension parce qu’il avait été préparé de longue date. Le choix de la candidature de Raphaël est le fruit d’une sélection rigoureuse, pensée par le bureau de Cap Sciences par un jury très qualifié. Les équipes ont très bien accueilli Raphaël, qui a également su s’intégrer facilement dans les réseaux locaux. Il s’inscrit dans les valeurs de Cap Sciences. Je donnerai 20 sur 20 à ce passage de relais.

Raphaël Dupin : Ce fut avant tout une joie pour moi d’avoir été sélectionné. Dans le même temps, c’était aussi extrêmement impressionnant… en raison de la personnalité de Bernard, qui est une figure majeure de la CSTI à Bordeaux, mais aussi à l’échelle nationale.

Cap Sciences aujourd’hui c’est quoi ?

B. A. : Cap Sciences est avant tout une belle équipe avec un projet scientifique et culturel de qualité. Grâce au programme Inmédiats, Cap Sciences a pu consacrer un pourcentage important de son budget à la recherche et au développement. Deux axes sont privilégiés : le design du savoir avec une réflexion sur la mise en forme des connaissances et le design de la relation, pour établir un lien durable avec le visiteur.

R. D. : Cap Sciences n’est pas uniquement un centre de sciences. Il faut y inclure le FabLab et le Living Lab mais aussi Cap’Archéo à Pessac et Côté Sciences, deux centres ouverts dans des quartiers sensibles. Sa capacité d’ingénierie est énorme. Elle génère 25 % d’auto nancement dans le budget de Cap Sciences. C’est

beaucoup de choses qu’il n’est pas simple d’appréhender en peu de temps. D’autant qu’avec la réforme régionale, la Nouvelle- Aquitaine possède quatre CCSTI et le nouveau Schéma régional de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation est en train de dé nir la stratégie régionale de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Et Cap Sciences demain ? Le panorama de la CSTI se transforme. Comment percevoir cette évolution et les enjeux à venir ?

R. D. : Trois éléments dessinent une nouvelle ligne éditoriale à Cap Sciences et plus largement dans la CSTI :

  • Premier élément : science et démocratie

Un véritable enjeu démocratique qui nécessite un positionnement plus engagé.

  • Deuxième élément : technologie et société

La révolution technologique ne fait que commencer. Dans les prochaines années, les manières dont on travaille, dont on communique, dont on aime, dont on se reproduit vont être bouleversées par cette révolution technologique. L’un des grands enjeux est de préparer les gens à cela sans pour autant savoir ce que c’est. Personne n’y est prêt, il y a donc un vrai champ de réflexion à monter. Il faut appréhender ces bouleversements pour être bien dans notre temps. Un certain nombre de gens demandent à être accompagnés.

  • Troisième élément : faire germer l’esprit de créativité

Donner aux visiteurs qui viennent à Cap Sciences, aux personnes que nous rencontrons dans nos déplacements ou dans notre réseau de partenaires, l’envie d’être créatifs. Cela fait vraiment partie de nos missions, c’est pour cela que nous montons des FabLabs, des Living Labs, que nous travaillons avec des entreprises du territoire sur la manière de rendre leur organisation créative.

B. A. : J’adhère à 100% à cette orientation. Au début de Cap Sciences on était très marqués par l’éducation et la culture, aujourd’hui en plus de la culture et de l’éducation, on ajoute le social, le tourisme, l’économie.

Quelques conseils pour votre prédécesseur/successeur ?

R. D. : Je conseillerais à Bernard de ne pas aller à la pêche car il y a encore du boulot ici. Nous continuerons à travailler ensemble sous une forme que nous sommes en train d’étudier, aussi n’ai-je aucun autre conseil à lui donner.

B. A. : J’ai envie de monter sur le porte-bagage du bolide que Raphaël est en train de piloter. Il est particulièrement agréable de travailler avec lui. Il y a une véritable adhésion aux idées.