La démarche éco-responsable pour la Nuit européenne des chercheur·es

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© CSZ Photographie - Le Mans Université

Pour le consortium des organisateur·rices français·es de la Nuit européenne des chercheur·es, Ingrid Silpa pilote la démarche éco-responsable. Ainsi, les 14 organisateur·rices mènent ensemble une réflexion et développent un plan d’actions pour que chaque manifestation, à l’échelle de son territoire, soit à la fois respectueuse de son environnement et vecteur de sensibilisation aux questions environnementales. À l’ère du changement climatique, les collectivités locales et l’Europe soutiennent particulièrement cet engagement vers une transition écologique plus que jamais nécessaire.

La Nuit européenne des chercheur·e·s est organisée le même soir dans 14 villes en France. Avec autant de lieux, contextes et contraintes variés selon les types de structures (associations et universités), comment faire pour travailler ensemble à rendre l’événement plus écologique ?

L’organisation d’événements tels que la Nuit européenne des chercheur·es peut être source d’un gaspillage considérable : environ 2,5 tonnes de déchets et 1 000 kW pour 5 000 personnes. Les contraintes budgétaires, matérielles et humaines poussent souvent les organisateur·ices à opter pour des solutions faciles et économiques, sans prendre en compte la durabilité et l’impact sur l’environnement. Depuis quelques années, avec les autres organisateur·rices de la Nuit, nous mettons en place des outils et des habitudes permettant de proposer des événements plus responsables. C’est évidemment plus difficile à 14, mais il nous semblait justement utile d’initier une démarche à l’échelle d’un consortium, d’autant plus que cette manifestation touche sur toute la France 32 000 visiteur·ses.

Quels sont concrètement les gestes écoresponsables que vous avez pu appliquer au Mans ?

Nous sélectionnons un lieu évidemment accessible en transport en commun. Nous avons choisi un collectif de scénographes qui utilisent des éléments récupérés ou qui seront intégralement réutilisables par la suite pour d’autres manifestations, avec des matériaux durables, à faible impact (bois de chantier recyclé, tissu…) et stockés à moins de 3 km de la salle. Nous assurons évidemment le tri des déchets et le nombre limité de supports de communication imprimés le sont sur du papier recyclé. On héberge les intervenant·es à proximité du lieu et nous faisons attention à travailler avec des prestataires qui sont en accord avec nos démarches. En 2021, nous étions très fier·es de n’avoir que deux ou trois poubelles à la fin de l’édition !

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© CSZ Photographie – Le Mans Université

Évaluez-vous votre impact sur l’environnement ?

Chaque organisateur·rice est invité·e à utiliser le questionnaire proposé par l’ADERE : « Auto Diagnostic environnemental pour les responsables d’événements ». En partageant régulièrement nos pratiques qui varient selon nos types de structures et nos contextes territoriaux, en renouvelant ce diagnostic à chaque édition ou au minimum tous les deux ans et en mutualisant certains moyens (commandes groupées par exemple), nous espérons pouvoir nous améliorer d’année en année.

Tous les participant·e·s suivent-ils facilement la démarche ?

Certains organisateur·rice·s racontent qu’il n’est pas évident de faire adhérer tous les intervenant·es dans la démarche. On réclame souvent la petite bouteille d’eau en plastique à la table d’un speed-searching ! Au Mans, nous communiquons dès l’appel à participation et auprès des prestataires sur notre démarche, afin de sensibiliser l’ensemble des acteur·rices. Les carafes et l’eau du robinet sont mieux acceptées ! Nous prévoyons également des temps de formation sur l’organisation d’éco-événement à iso-coût, en équipe. Le Mans Université a même participé à la phase de test d’un nouvel outil permettant de mesurer l’impact carbone des événements qui sera lancé à la fin de l’année par Green Evenements, agence de conseil et stratégie d’événement responsable. Dans les contenus mêmes de médiation, nous mettons en avant les projets de recherche en lien avec le développement durable.

Ingrid Silpa, responsable du pôle Culture scientifique de Le Mans Université et Hannah Robin, chargée de médiation scientifique à Aix-Marseille Université