Mission PATSTEC en Midi-Pyrénées

Territoires en action
Démonstrateur gyroscopique © université de Toulouse
Comment procédez-vous pour vous ancrer dans l’histoire régionale locale ? Est-ce par ce critère que vous cherchez à sauvegarder un objet plutôt qu’un autre ?

Dans chaque région, chaque mission PATSTEC est conseillée par un comité de pilotage. Des conseillers scientifiques sont choisis soit pour l’excellence de leur carrière scientifique établie en partie localement, pour la sensibilité qu’ils manifestent envers le patrimoine scientifique et pour leur connaissance du tissu scientifique et économique régional passé et actuel.

En Midi-Pyrénées, une cinquantaine de personnes nous accompagne. Ce soutien nous permet d’asseoir nos objectifs en cohérence avec les politiques culturelles territoriales et nationales. Ainsi, leur aide nous permet d’établir quels sont les lieux à visiter en priorité, ceux que l’on peut qualifier d’incontournables ou de pionniers car fondateurs d’un axe de recherche, de fragiles car en cours de déménagement ou de restructuration, ou au contraire de stables. Ils nous permettent d’y trouver une réserve, une cave ou un grenier richement fourni en objets témoignant de l’activité pédagogique et de recherche de ces 50 dernières années !

 

Y-a-t’il des thématiques considérées comme plus pertinentes en raison de leurs dimensions locales par exemple ?

Chaque région a détaché des thématiques prioritaires. Ainsi, la Mission nationale se renforce par la diversité et la complémentarité des expertises locales et chaque territoire consolide son identité scientifique. En Midi-Pyrénées, nous avons commencé par explorer les laboratoires de sciences de l’univers, informatique, génie électrique, puis robotique, mécanique des fluides, chimie, microscopie électronique, physique, aéronautique et espace. L’entrée par thématique est perfectible, chacune d’entre elle a évolué au cours du temps et certaines se sont même entrecroisées.

 

L’histoire de ces objets est parfois indissociable de celle des utilisateurs passés. Comment sauvegardez-vous le contexte de l’utilisation de tel ou tel instrument ?

Les actes de patrimonialisation sont effectivement plus larges que le simple mais néanmoins fondamental inventaire. Dès la création de la Mission en 2004, la communauté scientifique et universitaire toulousaine a souhaité qu’elle mène de front l’inventaire du patrimoine matériel et la récolte de témoignages. Après avoir réalisé 8 parcours de chercheurs, nous avons développé en 2010 le programme de recherche PATOUS, qui vise à constituer une mémoire orale de l’activité scientifique toulousaine des années 1960-1990. Il s’agit de réaliser une série d’entretiens de témoins ayant participé à la dernière grande transformation du système scientifique toulousain.

À ce jour, nous avons récolté près de 40 récits de vie analysés par une équipe de sociologues et anthropologues (entre autres, nous pouvons citer Michel Grossetti, Nicolas Adell et Jérôme Lamy) et nous œuvrons pour les rendre disponibles aux futurs historiens et autres chercheurs en sciences humaines et sociales.