On n’est pas que des cobayes, la science à la télévision pour les petits et les grands

Territoires en action
on-est-pas-que-des-cobayes
Une étude de 4x4 © FR52P2L On n’est pas que des cobayes

David Lowe, présentateur avec Agathe Lecaron et Vincent Chatelain, « On n’est pas que des cobayes ! » sur France 5

 

Chaque week-end France 5 propose une émission pour donner envie d’apprendre.

 

Pour quel public a été conçue l’émission «On n’est pas que des cobayes» ?

Les émissions pour jeunes ne sont souvent regardées que par des jeunes, et en effet la télévision est souvent utilisée comme « babysitter ». Les cobayes est une émission à regarder en famille. Les parents ne s’ennuient pas, ils apprennent des choses et sont divertis, et c’est la même chose pour les enfants. Les parents peuvent culpabiliser que leurs enfants regardent la télévision – dans le cas des cobayes, les parents, au contraire, sont satisfaits que leurs enfants la regardent.

Par ailleurs, je suis frappé par la gentillesse des gens qui m’arrêtent pour me dire un mot sur l’émission. Je déduis qu’ils sont heureux et veulent apprendre ; les sciences les intéressent. Ils veulent découvrir et comprendre.

Pourtant la télévision est souvent juste une question d’audimat – ça sert à vendre de l’espace publicitaire au plus cher sans s’inquiéter de l’effet de l’émission diffusée sur les spectateurs.
Je suis convaincu qu’on peut être populaire et éducatif. Instruire et divertir en même temps.

 

Parvient-elle à toucher sa cible ?
La-physique-il-y-a-cent-ans-©-FR52P2L-On-n’est-pas-que-des-Cobayes
La physique il y a cent ans © FR5:2P2L On n’est pas que des Cobayes

L’émission est diffusée 3 fois par week-end avec une audience en ce moment de 1 500 000 environ. Il ressort que l’audience de France 5 est rajeunie.

Cependant, il faut préciser en tant que scientifique, que les chiffres de l’audimat sont une extrapolation d’un échantillon de quelques mille personnes à des millions, ce qui me semble tendancieux et pas forcément fiable – une approximation compréhensible dans un monde analogique, mais non dans un monde digital.Mais personne ne questionne apparemment ceci au regard des enjeux financiers.

Un service public devrait se méfier des chiffres et penser plutôt à l’intérêt des téléspectateurs, en les prenant en compte afin d’améliorer les émissions. De plus, il y a trop de journalistes, de professionnels de la communication dans les médias et pas suffisamment d’experts avec une capacité de communiquer et de partager leur connaissance.

 

Le public est également invité à contribuer au programme via les défis en ligne. Pourquoi avoir intégré cette dimension ? Quel type de relation souhaitez-vous entretenir avec le public par ce biais ?

Il y a finalement deux réponses. D’une part, il est important de montrer la manière dont une émission de télévision s’organise, se construit en ce sens; le public n’est pas dupe, surtout les enfants. D’où l’importance de montrer les coulisses. Mais également permettre ce lien avec les téléspectateurs, c’est leur donner la possibilité de s’approprier l’émission qui devient un peu la leur.

Nous (moi au moins) les cobayes, ne sommes pas que des présentateurs et nous sommes vraiment intéressés et impliqués dans ce que l’on fait. C’est rare à la télévision d’avoir un tel enthousiasme et nous souhaitons le partager avec les participants. Acteur (et scientifique) de formation, je pense qu’il faut incarner ce qu’on dit pour rester authentique, même quand on est présentateur ou chroniqueur ou banquier ou contrôleur SNCF.

Afin de donner le goût des sciences, je pense qu’il faut donner faim aux enfants en leur proposant des « miettes de savoir » afin de leur transmettre l’envie d’apprendre et d’avancer. C’est normal qu’on leur demande de participer, ça fait partie de la réflexion. La science est aussi créative ! Avec Internet, la réaction du public est directe et quasi instantanée. On ne peut plus se cacher derrière l’écran.

 

Dans l’émission, vous invitez d’autres acteurs de la culture scientifique et technique, et notamment des médiateurs de musées et CCSTI, dans quelle optique ?

D’abord ça montre qu’il y a une chaîne d’acteurs dans les sciences et des experts dans différents domaines présents sur toute la planète, surtout des gens qui se passionnent pour les sciences et qui y consacrent leur vie.

Peut-on-faire-voler-un-bateau-©-FR52P2L-On-n’est-pas-que-des-Cobayes
Peut-on faire voler un bateau? © FR5:2P2L On n’est pas que des Cobayes

Il faut valoriser ces chercheurs ; ces enseignants, qui forment l’avenir. La science est un vrai « reality show » parce qu’elle permet de découvrir la réalité de notre environnement. La poésie et la beauté du monde sont révélées autant que dans les arts.

Nous vivons dans un monde de technologies issues des avancées dans nos connaissances scientifiques. Il est important de savoir comment les choses fonctionnent pour pouvoir les appréhender au maximum. Il y a parfois des concepts que l’on comprend mal. La gravité, l’espace temps, l’inertie, la matière… des notions finalement simples de notre quotidien mais complexes à saisir.

L’histoire nous montre que de temps en temps, quelqu’un arrive avec une autre façon de voir le monde, une manière de penser comme un Newton, un Einstein, un Heisenberg… et la science alors fait une avancée. C’est autant de la métaphysique que de la physique.

À ce titre, les jeunes ont souvent une façon inhabituelle de regarder le monde qui peut sembler étrange, non orthodoxe. Cependant regarder un problème par l’autre bout, par un autre angle, peut conduire à une solution.

Un exemple que j’ai vu hier en tournant une émission au Jardin des Plantes de Nantes. J’ai vu les feuilles d’une plante qui faisaient semblant d’avoir été mangées pour éviter de l’être. Ses feuilles étaient complètement asymétriques, ce qui est rare dans la nature. Voilà « l’asymétrie dans la nature » est un sujet incroyablement riche et potentiellement très fructueux. Il faudra un cerveau non encore « symétrisé » par l’éducation pour l’explorer.