Le rendez-vous annuel du public avec les sciences de l’Univers

Quelles médiations pour l'espace ?
© AFA
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Il est minuit, nous sommes en plein mois d’août, des centaines de personnes, adultes et enfants sont rassemblés un peu partout en France. Mais que font tous ces gens, le visage tourné vers le ciel, l’œil parfois vissé au télescope ? Que regardent-ils ? Les étoiles, bien sûr !

Voilà un quart de siècle que chaque été, des milliers de bénévoles, d’animateurs d’un soir, partagent leur intérêt pour le ciel et leurs connaissances auprès d’un public toujours aussi nombreux. Plus de 100 000 personnes se déplacent sur les 400 manifestations organisées ici ou là, par la Cité de l’espace, Cap sciences, le club de Gigouzac ou l’association lunairienne d’astronomie. Tous à l’unisson sortent télescopes, lunettes, vidéoprojecteur et vont à la rencontre du public et lui permettre d’observer étoiles, galaxies, planètes ; un moment de partage d’émotions (contempler la première fois les anneaux de Saturne ne laisse personne indifférent) mais aussi de diffusion des connaissances, de discussions, de réflexions, facilité par l’immensité de la voûte céleste, l’obscurité de l’instant. Sommes-nous seuls dans cet Univers ? A quelle distance est cette étoile ? Qu’est-ce que le big-bang ? Et le trou noir et l’énergie sombre ?

Pour nous, organisateurs et partenaires de l’opération, au premier rang desquels nous retrouvons le CNES, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche entre autres, les Nuits des étoiles sont une formidable occasion de mettre en lumière les résultats scientifiques de telle ou telle sonde spatiale ou d’évoquer la fragilité de notre atmosphère, la singularité de notre planète, la limitation de nos ressources sous un angle « astronomique » ; c’est pourquoi le Ministère de la transition écologique et solidaire apporte également son soutien à l’organisation nationale du rendez-vous.
Si en vingt-sept ans, un million de personnes ont pu s’émerveiller du spectacle céleste, ce sont plusieurs dizaines d’autres qui ont été touchés par la résonnance médiatique de l’événement. Après l’arrêt de l’émission en direct de quatre heures La Nuit des étoiles sur France 2 qui, durant plus de dix ans (1991-2002), a été la seule émission de vulgarisation scientifique, radios, journeaux télévisés, presse quotidienne s’emparent désormais de la thématique durant quelques jours, et on parle enfin de science. Chaque année, à cette occasion, plusieurs millions de cartes du ciel sont imprimées et diffusées largement sur tous les territoires par la presse nationale, locale et régionale.

Cette véritable fête nationale de l’astronomie, dont le paroxysme fut atteint lors de l’éclipse, allait marquer toute une génération contribuant à rendre une pratique – celle de l’observation du ciel – socialement plus accessible et à donner aux clubs et associations sur le territoire un rôle de diffusion, d’animation et donc une reconnaissance institutionnelle.
Paradoxe de cette manifestation emblématique, reconnue de tous, la perpétuelle difficulté que nous rencontrons, en tant qu’Association française de l’astronomie (AFA) à boucler le budget de coordination, très efficace et modeste au vue des résultats. La trop grande notoriété des Nuits des étoiles empêche de trouver le sponsor dont la marque disparaitrait sans doute sous la thématique.

Rendez-vous est pris pour les 3, 4 et 5 août prochains, pour observer Mars en opposition, cette planète sœur de la Terre.