Des spectacles pour explorer nos origines

Explorer les transitions
Pièce jointe-7

En invitant artistes et scientifiques à jouer le jeu de la performance, les LabOrigins cherchent notamment à nous questionner sur nos origines communes.

Les LabOrigins s’inscrivent dans le désir d’apporter au plus grand nombre, la vision du monde telle qu’elle nous est aujourd’hui proposée par les scientifiques afin de mieux faire face à toutes les transitions. Depuis peu, nous savons que nous sommes nés des étoiles et que nous vivons dans un Univers en constante évolution. Les LabOrigins ont pour ambition de faire découvrir à tous les publics le bonheur de nous interroger ensemble sur nos origines et de nous situer dans ce monde afin de mieux appréhender notre avenir.

Pourriez-vous nous raconter la genèse des LabOrigins ?

Durant ma carrière radiophonique, je me suis spécialisée dans la médiation scientifique pour trois chaines de Radio France. Sans jamais trahir le message des chercheurs, il me fallait charmer les auditeurs de France Inter, informer ceux de France Info, et poser le questionnement philosophique qu’engendrent les connaissances scientifiques les plus récentes pour France Culture.

Mais je me suis rendue compte qu’il fallait toucher un public encore plus large quand, en 2011, l’Agence spatiale européenne nous annonçait la production de l’image du fond diffus de l’Univers, plus connue sous le nom d’« image de Planck ». Il s’agissait ni plus ni moins de l’image de la naissance de l’Univers ! Quel événement pour l’humanité tout entière ! Pour attirer tous les publics jusqu’aux plus démunis en terme de connaissances, il m’a semblé que l’art vivant pouvait créer un pont entre les propos des scientifiques quelquefois inaccessibles à notre compréhension et le public.

C’est ainsi que depuis 2015, l’association Origins, présidée par le physicien Michel Spiro, produit des spectacles que nous avons nommés LabOrigins.

De quelles manières s’organisent ces spectacles ?

Ces spectacles, qui ne se jouent qu’une fois, ne s’écrivent pas. Ils se préparent entre les différents acteurs. Une première rencontre entre scientifiques et artistes est organisée afin de permettre à chacun de faire connaissance et de tisser un lien destiné à leur donner envie de « jouer » ensemble.

Après cette première rencontre, un conducteur est proposé aux participants, à partir duquel chacun peut se préparer tout en apportant ses idées de mise en scène. Nous nous revoyons deux ou trois fois. Ainsi les scientifiques nous racontent le monde qu’ils sont en train de découvrir, tandis que les artistes nous font partager les émotions que de tels récits suscitent en eux.

Ces spectacles doivent impérativement se jouer dans des salles propices au rêve, comme les salles de théâtre. Le but étant que le spectateur, qui n’a jamais entendu parler d’évolution, de neurones miroirs ou de physique quantique, puisse se laisser emporter par son propre imaginaire.

Il s’agit d’un concept de médiation permettant à chacun, jeunes et moins jeunes, de tous niveaux et toutes cultures confondues, de s’approprier la vision du monde telle qu’elle nous est aujourd’hui proposée par les scientifiques.

J’en profite ici pour remercier Elisabeth Bouchaud qui nous a ouvert les portes du théâtre de la Reine Blanche (Ndlr : le théâtre de la Reine Blanche accueille la cérémonie des prix Diderot), permettant aux LabOrigins de voir le jour dès les printemps 2015.

Comment se passe la collaboration avec les chercheurs ?

Les scientifiques ne sont pas invités à nous expliquer leurs travaux ou à faire une conférence, mais plutôt à nous raconter leurs explorations, en nous faisant partager leur jubilation. Ils n’ont, pour la plupart, jamais expérimenté la scène. Cela peut les déstabiliser, mais après une première expérience, ils manifestent souvent le désir de nous faire partager leurs propres talents artistiques, ce qui est évidemment le rêve !