Congrès de l’Amcsti 2016 – Table Ronde « Education – recherche – médiation – entreprises : quelles articulations ? » – François Taddei

Science en partage 2.0
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Co-fondateur et directeur du Centre de Recherches Interdisciplinaires, François Taddei nous donne son avis sur les articulations possibles entre ces quatre pôles.

 

Science en partage 2.0, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Avant le web 2.0, la médiation scientifique était traditionnellement verticale, top-down. Sur le web 1.0, il y avait une vulgarisation qui consistait en un relais de la Tour d’ivoire vers les citoyens. Le web 2.0 redistribue les cartes. Les choses sont beaucoup plus co-construites. On est tous acteurs et tous chercheurs.

 

Education, recherche, médiation, entreprise : est-ce conciliable ?

On peut en concilier 2, voire 3, mais 4, c’est plus compliqué. Il faut faire étape par étape, et voir plus loin après. De plus, l’entreprise, privée, occupe une place particulière comparée aux trois autres qui, dans leur acceptation classique, sont d’ordre public. Se pose la question de l’apport de l’entreprise dans ce champ public.

 

Le 2.0 est-il une opportunité ?

Oui, le web 2.0 peut participer à la mise en place de plus de transparence, être plus équilibré. Il est plus facile pour les différents acteurs de contribuer. Mais il faut savoir qui construit, qui contribue. Il faut être vigilant pour déceler ce qui relève de la communication et ce qui relève de l’information. Prenons l’exemple de Wikipédia. Quand une entreprise édite sa page, les gens peuvent le prendre comme une information, avant qu’on finisse par montrer qui a contribué. Donc oui, le web 2.0 peut être une opportunité, mais tout le monde doit jouer le jeu de la transparence, d’où chacun s’exprime, quels sont leurs financements, notamment pour les chercheurs financés par des entreprises.