Vers des systèmes alimentaires sains et durables

Adaptations

Un défi majeur pour notre planète est aujourd’hui d’assurer à la population une alimentation répondant à ses besoins quantitatifs et qualitatifs en s’inscrivant dans un contexte de développement durable. Ainsi, selon les termes de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 2010, l’alimentation durable se définit comme « une alimentation qui protège la biodiversité et les écosystèmes, est acceptable culturellement, accessible, économiquement loyale et réaliste, sûre et nutritionnellement adéquate et bonne pour la santé, et optimise l’usage des ressources naturelles et humaines ». Pour y répondre, il faut évaluer et prendre en compte les effets des changements globaux que sont les transitions démographiques (vieillissement des populations et urbanisation), environnementales (épuisement des ressources naturelles, perte de biodiversité, pression du dérèglement climatique) et des comportements alimentaires en lien avec la santé (montée de l’obésité et son cortège de maladies non transmissibles).

Les auteurs des réflexions prospectives s’accordent à penser qu’il est possible de nourrir les humains de manière durable en actionnant quelques leviers majeurs qui relèvent à la fois de l’offre et de la demande alimentaires, c’est-à-dire qui interrogent l’ensemble du système alimentaire (production – transformation – distribution – consommation). Parmi les pistes de solutions, il s’agit de mettre en œuvre des pratiques agroécologiques dans le respect des ressources naturelles et en bénéficiant de la biodiversité, réduire les gaspillages alimentaires, ou encore rééquilibrer les régimes alimentaires en réduisant la consommation en protéines animales au profit des protéines végétales (rôle important des légumineuses). La dimension territoriale est une composante forte des études écosystémiques avec ses atouts et ses limites .
Avec l’agroécologie, de meilleurs compromis entre agriculture et environnement, voire une véritable reconception des systèmes agricoles, sont désormais engagés pour une meilleure efficience des intrants, une limitation des rejets dans l’environnement et une valorisation des processus biologiques couvrant à la fois des attentes de production agricole et d’autres services écosystémiques des agrosystèmes (atténuer le changement climatique, préserver les habitats et les patrimoines culturels). Dans ce contexte, la gestion des sols est cruciale. Une carte permettant d’identifier rapidement les grands types de sols et leurs caractéristiques en France est désormais accessible à tous, professionnels et citoyens, pour contribuer au développement durable des territoires.
Les nouvelles technologies associées au numérique sont également mobilisées pour accélérer ces transformations comme l’illustre le projet en cours de « Territoires d’innovation Occitanum ». Ce nouveau programme de recherche-action place à la fois les agriculteurs et les consommateurs au centre du dispositif pour tester et mettre au point les outils innovants qui répondent à leurs besoins au sein de leurs territoires.

Désormais, les questions de santé (santé des plantes, des animaux, des hommes et de la planète) sont intimement associées aux trois piliers de la durabilité (économique, social et environnemental) des systèmes alimentaires. Les acteurs des filières agro-alimentaires, les scientifiques mais aussi les pouvoirs publics font converger leurs efforts pour développer les approches de santé globale. Une étude récente basée sur une cohorte alimentaire en France, NutriNet-santé, a permis de confirmer le co-bénéfice des recommandations nutritionnelles pour la promotion de la santé individuelle et la préservation de l’environnement, sous réserve toutefois d’un coût de l’alimentation légèrement plus élevé (un peu moins de 1 € de coût supplémentaire par jour et par personne). Dans un contexte d’aggravation de la pauvreté, l’accès des populations précaires à une alimentation saine doit rester une préoccupation.

Les systèmes alimentaires sains et durables représentent donc un enjeu sociétal majeur, qui a d’autant plus d’acuité en cette période de crise sanitaire où ils ont fait preuve de grande capacité de résilience et d’innovation.

 

 

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