Situées à l’interface entre la recherche, les citoyens et citoyennes, et les acteurs et actrices non académiques (associations, institutions culturelles, collectivités locales…) les recherches participatives se définissent classiquement comme des espaces de co-construction de connaissance et de partage des savoirs. Dans les domaines de la culture, ces démarches portent sur des sujets très variés : étudier de nouvelles topologies de mises en scène ; caractériser l’environnement sonore d’un territoire ; documenter, transcrire et enrichir des archives en ligne ; ou encore imaginer et modéliser collectivement des propositions d’aménagement urbain. Les recherches culturelles participatives embarquent ainsi une grande diversité d’actrices et acteurs : universités, centres de culture scientifique et technique, archives, bibliothèques, associations, sociétés savantes, tiers lieux…
Un réseau, une pluralité d’acteurs et de pratiques, des problématiques communes
Depuis 2018, le Muséum national d’Histoire naturelle coordonne le réseau Particip-Arc, qui réunit des acteurs et actrices d’horizons divers, reflétant la grande hétérogénéité des types de personnes et structures engagées dans ces démarches participatives en culture. A ce jour, le réseau se compose de près de 200 membres, répartis sur le territoire national, mais avec un ancrage fort en Île-de-France, du fait de la présence d’acteur·ices fondateurs du réseau dans ce territoire. Si les membres issus du milieu académique (que ce soient des chercheur·es, des ingénieur·es, des coordinateur·ices…) restent majoritaires, celui-ci s’est largement diversifié. Des acteur·ices du milieu associatifs, notamment liés aux mouvements d’éducation populaire ; des artistes ; des institutions culturelles telles que les musées, les bibliothèques ou les services d’archives ; les collectivités locales ; ou encore les centres de culture scientifique, constituent aujourd’hui la typologie des membres du réseau.
Le réseau est riche de cette possibilité d’échanger avec des personnes dont les activités sont très différentes des siennes, tout en partageant un enjeu commun, celui du partage des savoirs et de la co-construction de connaissances. Lors des journées du réseau organisées en janvier 2025, les 70 personnes présentes ont ainsi valorisé les croisements entre disciplines et expériences de nature très variées. Elles ont souligné dans leurs retours le dynamisme, l’énergie et la vivacité qui ressort des rencontres.
Les thèmes développés au sein des ateliers et séminaires du réseau Particip-Arc sont révélateurs des questions qui traversent cette communauté de pratique. Ainsi, les contenus ont tantôt un prisme disciplinaire, à l’exemple des cycles de séminaires en ligne sur la recherche artistique participative ou les démarches participatives en archéologie. Tantôt, les apports se centrent sur des médiums de participation, en approfondissant la place du jeu dans la production de données partagées, ou encore sur des concepts, tels que les droits culturels, qui peuvent éclairer différemment les pratiques. Les participantes et participants interrogent aussi la place particulière de certaines institutions, comme les musées ou les services d’archives, dans le développement et le portage des projets participatifs.
Quelles perspectives pour les recherches participatives en culture ?
Les recherches participatives portent des promesses à différents niveaux : celle d’une montée en compétence des participants et participantes par leur implication active dans les projets de recherche ; celle de contribuer aux transitions en cours (sociales, écologiques, économiques…) ; celle, enfin, d’un rapprochement entre la science et la société et de la co-définition de sujets de recherche plus en accord avec les attentes citoyennes. On observe en parallèle un intérêt croissant pour ces dynamiques partenariales de la part des acteur·ices publics et de la recherche, et une institutionnalisation de ces processus est en cours. Risque et opportunité s’entremêlent. Selon nous, l’intérêt porté à ces démarches doit aller de pair avec une compréhension de leur complexité, et ne pas les réduire à des dispositifs de mobilisation citoyenne, ou favorisant l’acceptabilité sociale des projets.
Les projets de recherche participative sont des objets frontières qui permettent de faire dialoguer des actrices et acteurs de natures différentes, qui n’auraient pas forcément d’autres occasions de se croiser. De la même façon, ces projets supposent de croiser les métiers, entre acteur·ices de la recherche, de la médiation, de l’animation, afin de combiner les compétences pour porter ces projets.
Quels sont les futurs désirables pour les recherches culturelles participatives ? Les pistes sont loin d’être toute tracées, et il revient à la diversité des acteurs engagés de les construire collectivement. C’est ce à quoi souhaite contribuer le réseau Particip-Arc.


Quelques projets portés par les membres du réseau. Restitution graphique lors des journées de réseau. @ Mai-Lan Tran-Bernaud
Alexandra Villarroel Parada, MNHN, Directrice du Pôle Sciences et Recherches Participatives, et coordinatrice du réseau Particip-Arc
Mélodie Faury, MNHN - UMR PALOC, anthropologue, titulaire de la Chaire « Recherche sur les sciences participatives : rôles et modalités transformatrices »